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BOLLYWOODME: L'UNIVERS DU CINÉMA INDIEN

L’indispensable “white touch”

3 Juillet 2010 , Rédigé par Bollywoodme Publié dans #BOLLYWOODME

Voici un article très intéressant qui parle de l'obsession indienne chez les indiens.

Un article qui me fait sourire car j'ai vu des situations similaires lors de mes voyages en Inde.


INDE L’indispensable “white touch”

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Les Indiens sont fascinés par les Blancs. Et, quand ils sont chefs d’entreprise, ils louent leurs services comme figurants de luxe, pour impressionner le client et favoriser l’obtention de contrats, raconte Open.

28.06.2010 | Pallavi Polanki 

Le site Internet de l'organisation internationale de recrutement, AIESEC

Le site Internet de l'organisation internationale de recrutement, AIESEC

Les Blancs sont à la mode chez nous. On en veut dans nos films, dans nos pubs, dans nos clubs. Certains Indiens en veulent même pour danser à leur mariage. L’obsession indienne pour les Blancs, surtout les femmes blanches, est aussi vieille que la Compagnie des Indes orientales. Sauf que cette idée fixe, vieille de plusieurs siècles, prend aujourd’hui une nouvelle allure.

Certains hommes d’affaires n’hésitent plus à engager des femmes blanches pour épater leurs clients, comme s’il s’agissait d’arguments de vente. Des stagiaires étrangers sont même payés pour faire de la figuration par des entreprises indiennes soucieuses de renvoyer une image internationale d’elles-mêmes lors de réunions commerciales.

Prenez l’exemple de Kasia Kowalska (le nom de famille a été modifié), Polonaise de 21 ans travaillant pour un cabinet de relations publiques. Elle a été contactée par une société qui lui a demandé de se rendre à une conférence professionnelle. A son arrivée, on lui a distribué des cartes de visite de l’entreprise à son nom et elle a eu droit à une brève présentation des activités de la société. “Ils voulaient que je sois habillée en noir avec un foulard rouge. Je n’avais pas la tenue qui convenait : je leur ai dit que je pouvais mettre un tailleur. Ils ont accepté.” C’est ainsi que Kasia Kowalska a assisté à une journée-conférence sur la publicité en milieu extérieur réunissant près de 300 personnes, parmi lesquelles des représentants des médias et du gouvernement de Delhi. Elle a souri, serré des mains et parlé de publicité en termes vagues. Le stratagème a fonctionné à merveille, si bien que l’agence lui a proposé 650 euros par mois pour poursuivre cette comédie. Sa présence a visiblement permis à l’entreprise de conclure quelques contrats ce jour-là.

On lui a expliqué qu’il n’était “pas aussi intéressant d’embaucher un homme” à sa place. Dans son cas à elle, les gens s’approchaient “uniquement pour [lui] serrer la main”. Yash Garg est vice-président de l’AIESEC, une organisation internationale de recrutement gérée par des étudiants. Il est responsable des placements à Delhi. Garg explique que les entreprises cherchent à se donner une image internationale en recrutant des stagiaires étrangers. “Les Indiens ont généralement le sentiment que les personnes à la peau blanche sont supérieures. C’est parfois la raison pour laquelle une entreprise choisit un stagiaire étranger. Mais toutes ne se conduisent pas ainsi, il y en a peut-être une sur quinze qui fait cela.” Ce sont généralement les entreprises de marketing et de relations publiques qui sont le plus intéressées par les profils “Blanc aux cheveux blonds”, la plupart veulent des stagiaires européens.

Jacek travaille pour un cabinet de conseil. Il affirme que ce sont souvent les petites entreprises qui cherchent à embaucher des étrangers pour faire de la figuration. L’objectif est seulement d’“avoir l’air cool et de montrer que les affaires marchent suffisamment bien pour recruter des étrangers”, et ce alors que les stagiaires de l’AIESEC sont payés environ 250 euros par mois par l’entreprise. “Une de mes amies qui venait de rejoindre une petite entreprise de design d’intérieur a reçu une dizaine de cartes de visite, toutes avec un intitulé de poste différent, de responsable marketing à responsable des ventes. On lui a demandé de choisir. Aujourd’hui, elle a plus ou moins un travail d’assistante personnelle du directeur et effectue des tâches qui vont du secrétariat aux virées shopping avec la famille du patron, en passant par le choix de l’habillage des sièges de sa nouvelle BMW. Elle ne s’était pourtant pas présentée pour être assistante, elle était venue faire du marketing”, raconte Jacek.

Que reste-t-il alors du grand concept de la “marque Inde” ? “Mon expérience m’a laissé une mauvaise impression. Depuis, quand je me rends dans une entreprise et que je vois une pièce pleine d’ordinateurs et d’employés, je me demande parfois si tout n’a pas été loué pour la journée. Je me dis que tout est possible. Il suffit d’être bien habillé, de se faire faire une carte de visite et de prendre une hôtesse blanche pour se dire chef d’entreprise”, conclut Kasia Kowalska.

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